Piscines basse consommation : Les professionnels engagés dans une révolution durable

Fin 2015, la France comptait un parc de 1,8 million de piscines privées. Pour accompagner leurs utilisateurs dans une gestion économe en eau et en énergie, la Fédération des Professionnels de la Piscine (FPP) a conçu un livret de sensibilisation dédié à l’usage durable de la piscine, à télécharger sur propiscines.fr.

Les piscinistes français sont en effet engagés dans une véritable révolution durable et la piscine basse consommation est d’ores et déjà une réalité. Moins gourmandes en eau, avec des tailles adaptées aux petits jardins, et peu énergivores, les piscines d’aujourd’hui sont entrées dans un cycle d’amélioration continue.

Ainsi, en 30 ans, le volume d’eau nécessaire au remplissage d’une piscine moyenne a été divisé par trois, la consommation d’énergie annuelle nécessaire à la filtration par 4 et celle des chauffages par plus de 9. Entre évolution des techniques, formation des professionnels et sensibilisation des utilisateurs : les facteurs d’amélioration sont nombreux pour poursuivre le mouvement.

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Les professionnels de la FPP concrètement engagés en faveur des Piscines Basse Consommation

  • Une Commission dédiée au développement durable

La Fédération des Professionnels de la Piscine est engagée de longue date en faveur de la préservation de l’environnement. Elle a notamment créé, dès 2006, une Commission Développement Durable, en particulier chargée de mesurer la consommation d’eau et l’empreinte carbone des piscines et de trouver des pistes de travail visant à poursuivre leur diminution. En collaboration avec un consultant agréé par l’ADEME, la Commission a ainsi développé un calculateur permettant d’évaluer l’indice carbone lié à l’utilisation de la piscine familiale.

  • Les professionnels « Propiscines » engagés pour le respect de l’environnement

La FPP a également développé le Label « Propiscines® », caution du sérieux et du professionnalisme des constructeurs installateurs de piscines. Parmi les engagements pris par les Professionnels engagés dans la démarche « Propiscines® », l’environnement figure en bonne place. Le professionnel Propiscines® s’engage ainsi à adopter une conduite responsable en vue de la préservation de l’environnement. Il conseille son client sur les produits et techniques les plus économes en eau et en électricité.

Un module de formation spécifique pour les professionnels sera mis en place en fin d’année dans le cadre du label propiscines.

  • Un livret de sensibilisation des utilisateurs pour un usage durable de sa piscine

FPP-fichedeveloppementdurablev5_Page_1La FPP a conçu un document d’information pour sensibiliser les utilisateurs à un usage durable de la piscine. Il met en particulier l’accent sur les gestes simples qui peuvent avoir une influence très positive sur les économies d’eau et d’électricité.

À consulter et/ou télécharger sur le site propiscines.fr, rubrique « FPP » puis « Publications ».

Piscine : des gestes simples pour préserver l’environnement

Les nombreuses améliorations développées ces dernières années en termes de respect de l’environnement sont accessibles tout au long de la vie de la piscine. Les équipements écologiques peuvent être intégrés dès la phase de conception du bassin ou plus tard, en ajoutant ou en remplaçant certains éléments au fur et à mesure des saisons, ou encore en envisageant une rénovation globale et durable du bassin.

Sur le parc existant, les axes prioritaires de travail visant à réduire l’empreinte environnementale des piscines consistent notamment à sensibiliser les propriétaires pour :

  • Couvrir le plan d’eau lorsqu’il n’est pas utilisé, en utilisant une couverture, un abri, etc.
  • Remplacer la pompe de filtration pour réduire la consommation électrique en l’équipant d’un moteur moins puissant ou d’une pompe à vitesse variable.
  • Vérifier l’équilibre de l’eau pour bien utiliser les produits. Un bon équilibre de l’eau en début de saison permet, en effet, de limiter l’usage des produits de traitement. En cas de doute, les utilisateurs peuvent demander aux professionnels d’analyser l’eau afin de l’équilibrer (équilibre entre pH – ions hydrogène, TAC – taux de bicarbonates et de carbonates et TH – ions calcium et magnésium dureté de l’eau).
  • Utiliser les systèmes automatisés de traitement de l’eau afin de limiter la consommation de produits.
  • Adapter le temps de filtration à la température de l’eau.

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Une maîtrise de l’eau naturellement renforcée

  • Un volume d’eau divisé par 3 entre 1980 et 2015

1Les grands bassins de nage des années 80 ont progressivement laissé place à des piscines plus petites, davantage orientées vers les activités ludiques que les grandes longueurs. On retrouve aujourd’hui des piscines dans les petits jardins et plus seulement dans de grandes propriétés. En 1980, une piscine faisait ainsi en moyenne 72 m2 (12 x 6 m) et 1,80 m de profondeur, en 2015, elle fait 32 m2 (8 x 4 m) pour 1,40 m de profondeur.

Le volume d’eau utile à son remplissage a donc fortement diminué, passant de 130 m3 à seulement 45 m3, soit un volume d’eau trois fois moindre. En effet, depuis plusieurs années, la surface de terrain des maisons individuelles s’est fortement réduite, notamment en zone urbaine et périurbaine. La taille des piscines suit ce mouvement et va continuer à tirer la surface moyenne à la baisse. En 2025, les piscines pourraient faire en moyenne 7 x 3 m pour une profondeur de 1,30 m, représentant un volume d’eau de seulement 27 m3.

  • Une consommation d’eau maîtrisée

Une fois remplie, une piscine n’a pas besoin d’être vidée chaque année. Dans l’hypothèse du renouvellement annuel d’un tiers du bassin, la consommation en eau d’une piscine familiale moyenne de 4 x 8 m correspond à environ 15 m3/an. Et, aujourd’hui, pour éviter d’avoir à procéder à ce renouvellement, les professionnels proposent des techniques et matériels très utiles.

Ainsi, l’hivernage d’une piscine peut désormais s’effectuer sans abaisser la ligne d’eau, évitant une remise à niveau au printemps d’autant plus que la pluviométrie permet, dans la moyenne des régions, d’effectuer le renouvellement nécessaire sans avoir besoin de remplir par un apport d’eau du réseau. En France, une piscine reçoit en moyenne 90 cm d’eau de pluie chaque année.

De plus, les systèmes permettant de recouvrir les bassins comme les couvertures à bulles, à barres, les volets automatiques, les abris limitent l’évaporation et donc la consommation d’eau. Enfin, il existe de nouveaux types de matériels d’entretien, en particulier les robots nettoyeurs qui nettoient le fond de la piscine automatiquement, et facilitent la filtration en limitant la nécessité de contre lavage.

  • Un traitement de l’eau raisonné et efficace de la piscine d’aujourd’hui et de demain

Pour réduire l’impact environnemental de la piscine et son coût de fonctionnement, les professionnels s’attachent à proposer de nouvelles solutions pour optimiser le traitement de l’eau. Rappelons avant tout que 80% du traitement de l’eau est effectué par la filtration mécanique. Le traitement avec des produits, indispensable pour éradiquer les bactéries et avoir une eau saine compte pour 20%. Avec une bonne filtration et un bon équilibre de l’eau, nul besoin de doses importantes de produits pour avoir une eau claire et limpide.

D’importants progrès ont été faits dans le domaine des produits de traitement ces
30 dernières années et de nombreuses alternatives au chlore en galet, utilisé exclusivement dans les années 80, ont vu le jour.

Pour aider les propriétaires de piscines à bien doser leurs produits de traitement, les professionnels ont notamment mis au point des tablettes multifonctions pré-dosées. Elles combinent tous les produits pour traiter l’eau en un seul geste et permettent de dispenser la dose nécessaire pour un traitement efficace. Dans le même esprit, les systèmes de dosages automatiques des produits permettent également d’en limiter l’usage et d’injecter uniquement la dose utile au traitement dans le bassin.

De plus, les piscinistes proposent de nouveaux systèmes pour traiter l’eau, à l’image des systèmes à électrolyse. Au contact de la cellule de l’électrolyseur, le sel se transforme immédiatement en chlore qui détruit algues et germes avec une grande efficacité, avant de se retransformer en sel. L’électrolyse au sel repose donc sur un cycle perpétuel.

Les professionnels développent également des produits de traitement alternatifs au chlore : à l’oxygène actif, à l’ozone, aux UV, etc.

Par ailleurs, les pisciniers, en particulier les « Propiscines® », sont désormais formés aux bonnes pratiques du traitement de l’eau et sensibilisent leurs clients à son bon équilibre. Ils peuvent, en effet, recommander les produits adaptés et le dosage précis nécessaire à l’équilibre de l’eau afin de limiter la consommation de produits.

Au premier remplissage et au moins une fois par an à la réouverture de la piscine, les professionnels proposent d’analyser l’eau des bassins de façon très précise (jusqu’à
9 paramètres testés). Les propriétaires de piscines peuvent porter leur eau chez le professionnel qui, après quelques minutes d’analyse, est en mesure de recommander les produits adaptés et le dosage précis pour équilibrer l’eau afin de limiter la consommation des produits, souvent liée à une méconnaissance.

Des équipements moins gourmands en énergie

  • Filtration : une consommation d’énergie divisée par près de 4 entre 1980 et 2015

De nombreux facteurs permettent de diminuer la consommation d’énergie des systèmes de filtration. Tout d’abord, les volumes d’eau à filtrer tendent à diminuer, puisqu’ils sont, en moyenne, passés de 130 m3 dans les années 80, à 45 m3 aujourd’hui.

Ensuite, les systèmes de filtration privilégient désormais l’allongement du temps de filtration sur la puissance : les petits moteurs, moins énergivores, ont pris le pas sur les gros. Alors qu’en 1980, une pompe de filtration de 2 600 Watts permettait de filtrer 25 m3/h pour une consommation annuelle de 5 600 kWh, en 2015, un équipement de 700 Watts permet de filtrer 12 m3/h pour une consommation de 1 500 kWh/an. Aujourd’hui, il est même d’ores et déjà possible d’équiper sa piscine avec un système de filtration de 200 Watts hyper pointu, à vitesse de filtration adaptable et capable de limiter la consommation énergétique annuelle à seulement 860 kWh/an. –

Pour optimiser la filtration, les réseaux hydrauliques sont également conçus pour faciliter la circulation de l’eau en limitant les pertes de charge. Les professionnels utilisent désormais un logiciel de calcul dédié pour créer les installations, notamment en simplifiant les réseaux pour éviter les coudes, les carrefours, etc.

Par ailleurs, la filtration de l’eau s’améliore avec l’évolution des médias filtrants. Les filtres à sable ou à diatomée peuvent maintenant être remplacés par des poches filtrantes jetables ou lavables, des filtres à cartouche, par du verre présenté sous forme de granulés de verre recyclé et poli…

Enfin, la sensibilisation des propriétaires de piscines à la juste programmation des durées de filtration peut également permettre de limiter la consommation énergétique. Il faut notamment savoir que le temps journalier de filtration dépend de la température de l’eau.

  • Des chauffages plus écologiques : une consommation divisée par 9 entre 1980 et 2015

Aujourd’hui, moins d’une piscine sur trois est équipée d’un système de chauffage. Il est, en effet, facile et peu coûteux de préserver la température de l’eau en été avec une simple couverture isotherme. De plus, il existe désormais des couvertures automatiques à lames solaires conformes à la norme sur les couvertures de sécurité (NF P 90 308)

Ces couvertures nouvelle-génération présentent l’avantage de concilier sécurité, en protégeant le bassin et chauffage solaire pour bénéficier d’une eau chauffée sans la moindre dépense énergétique. Les abris peuvent également permettre de conserver une température de baignade idéale, car l’effet de serre apporte une augmentation de 6 à 10 degrés de la température de l’eau.

Pour les piscines équipées de système de chauffage, la consommation d’énergie a été divisée par 9 entre 1980 et 2015. Elle est passée de 15 000 kWh par an en 1980, avec un réchauffeur électrique ou un échangeur ayant un rendement proche de 1, à 1 570 kWh/an en 2015, avec une pompe à chaleur ayant un rendement proche de 4. En 2025, des solutions hybrides déjà existantes seront peut-être généralisées, avec des pompes à chaleur ayant un rendement proche de 6, les systèmes solaires, etc.

  • Un éclairage de moins en moins énergivore

Pour prolonger les baignades en soirée et mettre en valeur les piscines dans le jardin, de nombreux bassins sont équipés de systèmes d’éclairage. Dans les années 80, ils étaient composés d’ampoules à incandescence, en moyenne deux, d’une puissance de 300 watts chacune. Aujourd’hui, une LED de 30 watts suffit à éclairer un bassin et demain, une seule LED de 15 watts sera suffisante et permettra de changer les ambiances de couleurs des piscines.


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